Le torchis

Mur en torchis

Écomatériau, le torchis est recyclable quasi indéfiniment. Il est également peu consommateur d’énergie, puisque constitué de matières premières locales (terre, paille, eau), qui ne nécessitent pas de transport.

Initialement fruit d’un travail collectif, il met en jeu des métiers complémentaires et des savoir- faire manuels élaborés. Largement répandu dans le monde, il est un lien tout trouvé d’échanges avec d’autres cultures. Très plastique, il est facile à mettre en œuvre. Créatif, il permet la réalisation de corniches, bas-reliefs, bandeaux et motifs innombrables. Témoin d’une histoire, il est synonyme d’intégration au paysage, d’authenticité.

Le torchis peut être utilisé en mur extérieur comme intérieur

Comment est fait le torchis ?

Le terme torchis recouvre et désigne à la fois le matériau et la technique.
Le matériau torchis se définit comme un complexe de garnissage ou de remplissage composé d’un mélange de terre* à bâtir, de fibres végétales et d’eau fixé sur des supports en bois et/ou en fibres végétales.
La quantité de fibres végétales mélangée est extrêmement variable d’un torchis à l’autre mais cette teneur est homogène sur un pan ou un espace inter-colombes. Cette proportion est déterminée en fonction des objectifs spécifiques de l’ouvrage à réaliser.

Le support, accueillant le torchis, généralement en bois est parfois complété de fibres et d’autres liens végétaux (cordes, tresses). D’autres matières ligneuses sont employables telles que bambous, roseaux,cannes, ronces et joncs. En fonction de la technique retenue, ces supports et ces cordes seront fabriqués et posés selon une méthode sèche ou humide.

Quelle terre utilisée pour le torchis ?

La terre utilisée est une terre limoneuse /argileuse. La terre limoneuse est différente de la terre arable. Il s’agit de la couche se trouvant juste en dessous (20 – 30 cm de profondeur) dont le liant est l’argile. Elle est issue de dépôts continentaux formés par l’altération de roches antérieures, transportés par les cours d’eau (limons) et les vents (loess).

Une terre crayeuse ne peut pas être utilisée pour faire du torchis car la marne, quand elle est présente dans la terre, inclut des nodules de calcaire qui, lors du séchage du mur, gonflent, se dilatent et éclatent en engendrant des fissures.

De même, une argile sableuse aura moins de résistance mécanique et demandera à être amendée.

La terre du torchis peut et même doit contenir du calcaire (avec une granulométrie très fine), car celui-ci ajoutera du liant à la matière.

Les avantages de la terre pour la maison ?

Les qualités écologiques et constructives de la terre crue en font un matériau essentiel pour l’avenir. Outre le fait que la terre est un matériau de construction qui utilise peu d’énergie grise (empreinte carbone proche de 0).
Il possède des qualités exceptionnelles qui en font un matériau offrant un réel confort intérieur :

  • sa forte inertie thermique lui permet de retarder les variations de température.
  • Il peut également être utilisé en mélange avec des fibres naturelles, ce qui augmente son pouvoir isolant ;
  • Il régule le niveau d’humidité de l’air, évitant ainsi la condensation et les moisissures. Il est
  • Il corrige également un air trop sec grâce à la bonne diffusion de la vapeur d’eau et au stockage de l’eau excédentaire ; absorbe les odeurs ;
  • Il fournit une correction acoustique ; réduit l’inconfort associé aux ondes électromagnétiques ;
  • Il est très facile à utiliser et permet une grande créativité.

Torchis : avantages et inconvénients

Le torchis  présente de nombreux avantages :

  • Écologique, fait de terre et de produits naturels, la construction en torchis prend soin de l’environnement et de la santé des habitants du bâtiment.
  • Isolation : le torchis est un matériau efficace pour l’isolation acoustique et thermique du bâtiment.
  • Faible coût : de nombreuses constructions en torchis sont désormais possibles : cloisons intérieures, meubles, poulaillers… pour un coût faible ou nul.
  • Cette technique s’adapte aussi bien à l’esthétique des maisons neuves qu’à la rénovation des bâtiments anciens.

Le torchis est une technique simple à appliquer, et à tout âge, chaque habitant peut participer !

L”inconvénient” est que le torchis nécessite un temps d’application et de séchage conséquent qui doit être anticipé.

Mur intérieur en torchis

Le torchis se pratique hors d’eau (mais non hors d’air). Il se pose au sein d’un ouvrage maintenu en parfait état fonctionnel.

A chaque type de pose de torchis correspond un type de mélange contenant plus ou moins de fibres, elles-mêmes plus ou moins longues. Il existe une étroite corrélation entre le type de la structure, le type de support de fixation et le type de pose.

Il est nécessaire d’identifier au préalable la finition du torchis afin de pouvoir anticiper les réserves nécessaires. Par exemple: tenir compte de l’épaisseur d’un enduit de finition à venir dans la conception de la structure porteuse.

Le torchis est fini soit brut ou revêtu par exemple d’un enduit en fonction des protections éventuellement envisagées.

Il est généralement possible (en fonction de l’épaisseur, ou de la configuration de la structure avec le support de fixation) d’insérer des gaines électriques et de créer des réservations pour la pose d’appareils.

En revanche, par précaution, les tuyaux même sous fourreaux contenant des liquides placés à l’intérieur du torchis sont à éviter. Des traversées ponctuelles ou spécifiquement conçues sont admises.

Les épaisseurs du torchis sont variables allant d’environ 3 cm et assurant un simple rôle de fermeture jusqu’à atteindre 20 cm d’épaisseur rarement plus. L’enrobage des supports de fixation fait 2,5 à 3 cm minimum. Une épaisseur de cloison, de chape ou d’enveloppe couramment rencontrée est de l’ordre de 8 à 16/18 cm.

Les conditions climatiques

Contenant une importante quantité d’eau, le mélange de torchis se met en œuvre comme toutes les maçonneries hydrauliques en dehors des périodes de gel et de forte chaleur.

Retrouvez les guides de bonnes pratiques

Le bambou : support du torchis

Ce matériau est peu connu pour ses multiples avantages:

• son coût de revient est très bas comparé au bois car il atteint sa maturité en 5 ans.

• les variétés utiles atteignent un diamètre de 12 à 15cm ce qui les met sur un pied d’égalité avec le bois pour la charpenterie.

• Sa résistance alliée à une certaine flexibilité lui permet de résister aux secousses sismiques.

• Son rendement et le bilan carbone : pour une même surface, une bambouseraie aura un rendement 20 fois supérieur à une forêt, tout n captant 4 fois plus de CO2 et rejetant 30 % d’oxygène en plus.

En France, il n’est pas rare de voir des bambouseraies dans les jardins de particuliers. Il est souvent considéré comme un parasite.
En construction naturelle, le bambou peut être valorisé.

Le temps d’une journée, vous découvrirez les propriétés de la construction en terre pour un habitat naturel et écologique.

  • Le matin, une présentation des architectures et techniques de construction terre-paille : pourquoi choisir un habitat sain et écologique?
  • L’après-midi sera consacrée à une technique avec par exemple : la réalisation d’une cloison en torchis, du terre paille banché, les briques de terre crue…

 

EN BONUS : Visite de la maison terre /paille autonome en énergies.